La France va retirer 2.100 soldats d'Afrique cette année

AFP (Hervé ASQUIN) - La France a annoncé mercredi le retour cette année de 2.100 de ses soldats déployés dans des opérations africaines, en Côte d'Ivoire et au Tchad, et le retrait de ses deux navires participant à la composante maritime de la force de l'ONU au Liban.



Cet allègement du dispositif militaire français à l'étranger répond à la stabilisation de la situation en Côte d'Ivoire et à la relève par l'ONU de l'opération européenne Eufor au Tchad et en Centrafrique destinée à protéger les réfugiés du Darfour. Elle correspond aussi à un souci d'économie budgétaire.
Selon le ministre français de la Défense Hervé Morin, une réduction de 20% des effectifs permet "d'économiser de l'ordre de 100 à 150 millions d'euros par an" sur des opérations dont le montant a "approché les 900 millions" d'euros en 2008.

La France possède l'une des deux grandes armées européennes, et avec 13.000 hommes, constitue le deuxième contributeur européen aux opérations extérieures, derrière la Grande-Bretagne (15.000 hommes), devant l'Italie (8.100) et l'Allemagne (6.500).

Pour la Côte d'Ivoire, le Premier ministre François Fillon a annoncé mercredi, devant l'Assemblée nationale, le retrait dès cette année de 1.100 des 2.000 soldats français stationnés dans le pays.
"En Côte d'Ivoire, les enjeux sécuritaires ont perdu de leur intensité et l'attente d'échéances électorales toujours incertaines ne justifie plus le maintien de notre dispositif militaire en l'état", a-t-il assuré.
Notant que "l'ONU a entamé" le désengagement de sa force (Onuci), M. Fillon a ainsi estimé que la mission des 200 soldats français qui concourent à cette force "peut être considérée comme achevée" et annoncé qu'ils "rentreront en France cette année".

En outre, "notre pays devrait réduire de moitié le contingent de 1.800 hommes qui constitue la force Licorne d'ici l'été 2009", a-t-il poursuivi. La force française Licorne avait été déployée en 2002 après un coup d'Etat manqué. Elle a pour mission de soutenir les 8.000 Casques bleus engagés dans le pays.
Ce retrait annoncé est "une bonne nouvelle", a réagi mercredi le chef d'état-major des forces loyalistes ivoiriennes, le général Philippe Mangou. La "réduction progressive" des forces étrangères "veut dire" que "la paix n'est plus loin", a-t-il estimé.

M. Fillon a annoncé le retrait de soldats français stationnés à l'étranger lors d'un débat parlementaire à l'issue duquel les députés ont donné leur feu vert, malgré le boycott du vote par l'opposition socialiste, à la poursuite des cinq plus importantes opérations à l'étranger, hors Afghanistan : Kosovo (1.850 hommes), Liban (1.900 hommes), Côte-d'Ivoire (2.000), Tchad et Centrafrique (3.100). Ce vote devait être suivi par celui du Sénat.

La mission en Afghanistan (2.800 hommes sur le sol afghan) a déjà été reconduite par le parlement le 22 septembre.

Concernant la participation de la France à la force européenne Eufor au Tchad et en Centrafrique, chargée de protéger les réfugiés soudanais du Darfour, il a précisé que "d'ici l'été, au moins 1.000" des 1.650 soldats français auront quitté le pays.
"Nous avons lancé l'Eufor comme une opération transitoire, en prévision de sa relève par une force des Nations unies: cette promesse sera tenue, puisque le 15 mars prochain, la Minurcat 2 remplacera la mission européenne", a déclaré le Premier ministre.

M. Fillon a enfin a confirmé le "maintien" des 1.850 soldats du contingent français de la force de l'ONU (Finul) au Liban-Sud, mais prévenu que les deux bâtiments de la marine nationale participant à la Finul maritime "seront bientôt dirigés vers d'autres missions".

Le Premier ministre n'a pas annoncé de retrait de militaires au Kosovo. Il n'a pas non plus évoqué un éventuel renforcement du contingent français en Afghanistan, souhaité par la nouvelle administration américaine et pour le moment écarté par Paris.


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