ENTR'AIDE : L'APPEL A L'AIDE DU COLONEL BOYER-VIDAL.

Blessé au Mali, il demande simplement que sa femme puisse vivre auprès de lui.

Le colonel Philippe Boyer Vidal, ancien officier parachutiste, a servi la France pendant vingt-huit ans. Il est revenu de l'opération Serval avec un lymphome cérébral, un stress post-traumatique et une perte importante de la vue. Aujourd'hui soigné sur la Côte basque, il vit à quatre heures de route de son épouse, professeure agrégée affectée à Bergerac. Après deux refus administratifs, un courrier ministériel resté sans réponse et un recours contentieux infructueux, il a choisi de rendre sa demande publique. Nous relayons son appel.




Vingt-huit années de service
 

Philippe Boyer Vidal a 53 ans. Officier parachutiste, il a consacré près de trois décennies au service des armes. En 2013, il participe à l'opération Serval, l'intervention française déclenchée au Mali face à la progression des groupes armés terroristes vers Bamako. Il en revient — mais, selon ses propres mots, pas tout à fait.

Le bilan médical est lourd : un lymphome cérébral, c'est-à-dire un cancer du sang localisé dans le cerveau ; un syndrome de stress post-traumatique ; une perte importante de la vue. Sa pension militaire d'invalidité est fixée à 75 %. Il est aujourd'hui suivi et soigné sur la Côte basque, où réside sa famille.

Ces éléments, il les a lui-même rendus publics. Il faut mesurer ce que cela coûte à un officier supérieur, dans une culture professionnelle où l'on ne se plaint pas et où l'on règle ses affaires en interne. S'il s'y est résolu, c'est que les voies ordinaires ont été épuisées.

Pourquoi nous relayons

 

Ce dossier n'oppose pas deux institutions. Il révèle un angle mort. La reconnaissance due au blessé de guerre relève du ministère des Armées ; l'affectation de son conjoint relève de l'Éducation nationale. Entre les deux, aucune passerelle automatique ne garantit qu'une famille de blessé ne sera pas séparée par une décision de gestion prise à des centaines de kilomètres de son lieu de soins.

Le rapprochement de conjoint existe pourtant dans les règles du mouvement des personnels enseignants, et l'état de santé du conjoint fait partie des situations pouvant être prises en compte. Le problème n'est donc pas l'absence de dispositif : c'est que ce dispositif, appliqué au cas d'espèce, n'a pas fonctionné, deux années de suite, sans qu'aucune instance ne se saisisse de l'ensemble du dossier.

C'est très exactement ce que le colonel demande : que quelqu'un le regarde en entier.

Relayer l'appel

 

Le colonel Boyer Vidal ne demande pas que l'on se retourne contre quiconque. Il demande que son message parvienne à quelqu'un qui puisse agir.
 

Soldats de France relaie cet appel à la demande de son auteur, qui en a rendu le contenu public. Les faits médicaux et administratifs rapportés ici sont ceux qu'il a lui-même exposés.



Une famille séparée par une décision d'affectation
 

Le colonel Boyer Vidal et son épouse ont quatre enfants, dont deux adoptés par la Nation — un statut accordé par décision de justice aux enfants de militaires tués ou grièvement blessés en service, et qui dit assez la nature du prix payé par cette famille.

Depuis l'été 2025, son épouse, professeure agrégée de sciences physiques, est affectée au lycée de Bergerac. La distance impose jusqu'à huit heures de trajet aller-retour et l'oblige à disposer d'un second logement sur place. Concrètement : un militaire lourdement blessé, en traitement, séparé la semaine de sa femme et de leurs enfants.

La demande de prise en compte de la situation familiale a été refusée en 2025, puis de nouveau en 2026. Un courrier adressé au ministre de l'Éducation nationale est resté sans réponse. Aucune médiation professionnelle n'a permis de trouver un terrain d'entente avec le rectorat. Un recours devant le tribunal administratif n'a pas abouti en 2025 ; une nouvelle démarche est engagée pour 2026.

Il faut souligner ce que cette famille ne demande pas. L'épouse du colonel ne sollicite ni disponibilité, ni congé, ni cessation d'activité. Elle veut continuer à enseigner. Elle demande à le faire à une distance compatible avec l'état de santé de son mari et avec la vie de leurs quatre enfants.



Ce que demande le colonel
 

L'appel publié sur LinkedIn est d'une sobriété qui frappe : « Je ne demande ni médaille, ni privilège, ni traitement de faveur », écrit-il d'entrée. Ce qu'il sollicite tient en trois points :
- que son dossier soit réellement examiné,
- qu'une médiation soit ouverte,
- qu'une solution soit recherchée.

Il ne conteste d'ailleurs pas la logique de l'administration, qu'il connaît. Il rappelle lui-même qu'une affectation ne peut pas toujours être modifiée au motif qu'une situation individuelle est difficile. Sa formule est ailleurs : "derrière un dossier administratif, il y a parfois une famille — et derrière cette famille, un militaire qui vit avec les conséquences de son engagement".

L'appel est adressé au président de la République, au Premier ministre, à la ministre des Armées et des Anciens combattants et au ministre de l'Éducation nationale.


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