29/04/58 - Capitaine Serge BEAUMONT (32 ans) 9eme RCP

« Officier d’élite qui vient d’entrer dans la légende.
Commandant de Compagnie de Combat d’un Régiment Parachutiste, a été complètement encerclé avec sa compagnie, après un poser en hélicoptères, par deux Compagnies rebelles, fanatisées et bien armées.
Complètement submergé par plusieurs assauts successifs, a conservé tout son calme et son sang-froid, maintenant ses hommes sous le feu direct de l’adversaire et faisant front de toutes parts.
Une première fois blessé, a continué à commander, debout, son poste radio à la main, galvanisant la défense par son attitude héroïque.
Est tombé mortellement atteint au moment où, étant parvenu à regrouper sa compagnie, il venait d’ordonner la percée.
Restera pour tous l’exemple de l’Honneur et du Devoir poussés jusqu’au sacrifice suprême.



« L’Officier au combat est un Seigneur ». Cette phrase que le Capitaine BEAUMONT aimait répéter fut pour lui non seulement une devise, mais aussi une ligne de conduite qu’il a clairement illustrée jusqu’à l’instant même de tomber glorieusement à la tête de sa compagnie en avril 1958. Il fut ce Seigneur au combat, mais aussi et surtout au quotidien, pendant toute sa vie d’Officier.

Né à Toul en 1926, Serge BEAUMONT se destine dès son plus jeune âge à servir la France, suivant ainsi l’exemple de son père militaire. La rigueur morale de son éducation familiale, alliée aux valeurs qu’il puise dans le scoutisme seront dès lors les grands principes de sa vie d’officier. Réalisant ses études au Prytanée Militaire de la Flèche, il se distingue déjà par son tempérament volontaire et exigeant, que vient compléter un esprit d’équipe particulièrement développé. Son goût certain pour l’action et son physique sportif, en font un jeune homme dynamique et motivé.

Il entre à Saint-Cyr en 1947 où il approfondit ses réflexions sur sa vocation. Sa vie durant, il s’efforcera toujours d’harmoniser devoir familial et devoir patriotique. Officier prometteur au caractère de feu, ne tolérant ni l’incompétence ni la médiocrité, BEAUMONT imprime sa marque auprès de ses camarades de la promotion Rhin et Danube, qui reconnaissent unanimement en lui un meneur incontesté. Sorti 36ème en octobre 1949, il choisit les troupes aéroportées et sert au 1er RCP.

Très rapidement et forçant les délais, il est volontaire pour servir en Extrême-Orient où pendant deux ans il reste à la tête d’une section de combat. Deux fois blessé, quatre fois cité à l’ordre de l’armée, chevalier de la Légion d’Honneur, il revient d’Indochine proposé pour le grade de Capitaine à titre exceptionnel. Serge BEAUMONT n’a alors que 27 ans et deux ans de grade de Lieutenant.

Rentré en métropole en mars 1954, il est affecté sur sa demande comme instructeur à Coëtquidan et prend le commandement d’une compagnie d’élèves de la promotion Franchey d’Esperey (1955-57). Deux années durant, il s’adonne avec passion à la formation des jeunes, enracinant en eux les sources profondes de sa vocation d’officier, les marquant de son empreinte et leur montrant l’exemple du goût de l’effort, de l’excellence, et du don total de sa personne.

C’est au mois d’août 1957 que le Capitaine BEAUMONT rejoint l’Algérie où l’appelle son désir d’action. Affecté au 9ème RCP, il prend le commandement de la 3ème compagnie, “les jaunes”, qu’il mène avec succès dans toutes les opérations où le régiment est engagé, en particulier dans la zone de Souk-Ahras.

Le 29 avril, au terme d’une deuxième journée de combats intensifs, sa compagnie est engagée d’urgence par hélicoptère sur le massif du djébel Mouadjene. Presque aussitôt après son poser, la « 3 » est encerclée par deux compagnies rebelles fortement armées. Blessé une première fois, Beaumont continue à commander, debout, son poste radio à la main. Son sang-froid galvanise ses hommes, submergés par le feu ennemi. Atteint d’une nouvelle balle, il tombe au moment de donner héroïquement le dernier assaut. Son sacrifice aura permis de remporter la victoire.

Cet officier d’élite devait trouver là « une mort à la hauteur de lui-même, à la hauteur de sa foi patriotique et à la hauteur de sa foi chrétienne » dira son chef de corps le Lieutenant-colonel BUCHOUD dans son éloge funèbre. Serge BEAUMONT rentrait à cet instant dans l’histoire, fidèle à l’idéal qu’il s’était fixé : ne pas tomber, ne jamais faillir, pour ne pas faire tomber.

Une promotion de Saint-Cyr porte son nom :
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