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  <title>Soldats de France - Association Nationale de Soutien à nos Soldats en Opération (ANSSO)</title>
  <description><![CDATA[Le site Soldats de France est destiné à pérenniser la mémoire des soldats français tombés en opération (en ce qui concerne les OPEX contemporaines) et par extension les soldats tombés au combat depuis la guerre de 14/18.
Ce site vise aussi à transmettre l'esprit de défense au plus grand nombre. 
La vocation de l'association est aussi de créer un courant de soutien et de sympathie pour nos soldats et de contribuer aux différents débats qui agitent la sphère de défense : Intelligence économique, souveraineté, continuum de sécurité, sécurité intérieure, menace terroriste, sociétés militaires privées...
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   <title>Psilocybine et blessures invisibles : ce que propose « L'Éveil des vétérans ».</title>
   <pubDate>Mon, 31 Aug 2026 16:31:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Admin Istrateur</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Il y a, dans les rangs des forces de l'ordre et de sécurité, des femmes et des hommes qui ont fait le travail, qui l'ont bien fait, et qui n'arrivent plus à dormir. Des policiers qui ont ouvert la portière de trop. Des gendarmes qui reconnaissent une odeur au détour d'une intervention banale et qui se retrouvent, dix ans en arrière, sur une autre scène. Des militaires qui sont rentrés entiers et qui ne le sont pas. Des sapeurs-pompiers, des soignants, des élus de terrain, des enseignants confrontés à des violences que personne n'avait prévues dans leur fiche de poste. Le point commun n'est pas l'uniforme : c'est l'exposition répétée à des situations que le système nerveux humain n'est pas prévu pour encaisser en série.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.soldatsdefrance.fr/photo/art/default/97871265-68125635.jpg?v=1788187423" alt="Psilocybine et blessures invisibles : ce que propose « L'Éveil des vétérans »." title="Psilocybine et blessures invisibles : ce que propose « L'Éveil des vétérans »." />
     </div>
     <div>
       <br />  Pour beaucoup, les prises en charge de référence fonctionnent. Les thérapies centrées sur le trauma, l'EMDR, l'accompagnement psychiatrique quand il est nécessaire : ce sont les outils qui ont fait leurs preuves, et il faut commencer par là. Mais les études convergent sur un point inconfortable : une part importante des personnes atteintes de stress post-traumatique ne répond pas suffisamment aux traitements de première intention, ou abandonne en cours de route. Ceux-là, on les connaît. Ils ont fait trois psychologues, deux protocoles, quatre traitements. Ils tiennent. Mais tenir n'est pas vivre. <br />  C'est à cette population, et à leurs proches, que s'adresse un programme qui nous a été signalé et qu'il nous a paru utile de porter à votre connaissance : <strong>« L'Éveil des vétérans »</strong>, organisé par l'Institut Renaissance aux Pays-Bas.  <h2> <br />  De quoi s'agit-il exactement</h2>  Le programme se présente comme un accompagnement de quatre mois articulé en trois temps. Une phase de préparation mentale à distance, en groupe puis en entretien individuel, animée notamment par un ancien militaire. Une retraite de cinq jours aux Pays-Bas, du 14 au 18 octobre, à proximité d'Eindhoven, au cours de laquelle se déroulent deux cérémonies encadrées à base de truffes à psilocybine. Puis un coaching d'intégration : six rendez-vous collectifs de deux heures répartis sur trois mois après le retour. <br />   <br />  L'équipe annonce une composition mixte : des accompagnants issus du monde militaire, une psychologue spécialisée dans le soin du trauma, une neuropsychologue praticienne EMDR. La sélection passe par un questionnaire préalable comportant un volet médical. Le groupe est limité à vingt-cinq personnes. Le tarif du parcours complet, hébergement et repas inclus, s'échelonne de 1 690 à 2 290 euros selon une logique de contribution solidaire, hors voyage. <br />   <br />  Le public visé est explicite : militaires et vétérans, sapeurs-pompiers, policiers et gendarmes, soignants, et leurs proches. La formulation retenue par les organisateurs — celles et ceux qui, par leur métier ou leur histoire, ont été exposés à de fortes charges émotionnelles — englobe de fait d'autres professions que nous croisons régulièrement dans nos permanences : élus locaux, enseignants, travailleurs sociaux. <br />   <br />  <strong>Un point de vocabulaire, et il est capital.</strong> Les organisateurs eux-mêmes précisent que le cadre est <strong>non médical</strong>. Ce n'est donc pas un traitement du stress post-traumatique, ce n'est pas un soin, et cela ne remplace ni un médecin, ni un psychiatre, ni un psychologue. C'est une expérience d'accompagnement encadrée, dans un pays où elle est légale. Nous employons ce vocabulaire à dessein, et nous invitons chacun à s'en méfier partout où il ne serait pas employé.    <h2> <br />  Ce que dit la recherche, et ce qu'elle ne dit pas</h2>  Il faut être précis, parce que c'est sur ce terrain que se joue la crédibilité de tout le sujet. <br />  On voit circuler, dans la communication autour des retraites psychédéliques, un chiffre spectaculaire : une réduction de 88 % des symptômes de stress post-traumatique chez des vétérans des forces spéciales américaines, mesurée par une étude de Stanford publiée dans <em>Nature Medicine</em>. Ce chiffre est réel, mais l'étude en question, conduite par l'équipe du Dr Nolan Williams, portait sur trente vétérans américains présentant des séquelles de traumatisme crânien, traités à l'<strong>ibogaïne</strong> associée à du magnésium, dans une clinique au Mexique. L'ibogaïne est une molécule différente, à un profil de risque différent — notamment cardiaque — administrée dans un cadre différent.&nbsp; <br />   <br />  Où en est-on réellement ? Le psychédélique le plus avancé sur l'indication du stress post-traumatique est le MDMA, engagé en phase 3, avec un parcours réglementaire qui s'est révélé plus accidenté que ses promoteurs ne l'espéraient. La psilocybine, elle, dispose de ses données les plus solides sur la dépression, y compris résistante — avec, là encore, des résultats contrastés : un essai de phase 2b publié en 2026 dans <em>JAMA Psychiatry</em> n'a pas atteint son critère de jugement principal. Sur le stress post-traumatique spécifiquement, la psilocybine en est au stade des essais précoces et des cohortes de petite taille. Les signaux sont intéressants. Ce ne sont pas des preuves. <br />   <br />  Il faut ajouter que les recherches cliniques sont menées dans un cadre strictement contrôlé, avec sélection médicale, encadrement thérapeutique protocolisé et suivi. Une retraite, aussi sérieuse soit-elle, n'est pas un essai clinique et ne peut pas en revendiquer les résultats. <br />   <br />  Autrement dit : ce programme relève de l'expérimentation personnelle éclairée, pas de la médecine fondée sur les preuves. Ceux qui l'envisagent doivent le faire en le sachant. <br />  &nbsp;  <h2> <br />  Le cadre juridique, sans naïveté</h2>  Aux Pays-Bas, les truffes à psilocybine sont en vente libre pour les adultes. Le programme se déroule donc dans un cadre légal — <em>sur place</em>. <br />   <br />  En France, la psilocybine est classée comme stupéfiant. La question que tout le monde pose est donc : que risque un résident français qui consomme légalement à l'étranger ? En droit, l'article 113-6 du code pénal subordonne la compétence des juridictions françaises pour un délit commis à l'étranger par un Français à une condition de réciprocité d'incrimination : les faits doivent être également punis par la loi du pays où ils ont été commis. Cette condition n'étant pas remplie aux Pays-Bas, la consommation sur place n'ouvre pas, en principe, la voie à des poursuites en France. <br />  &nbsp;  <h2> <br />  Les contre-indications, qui ne sont pas négociables</h2>  La psilocybine n'est pas anodine. Les protocoles de recherche excluent systématiquement certains profils, et pour de bonnes raisons : antécédents personnels ou familiaux de troubles psychotiques ou de trouble bipolaire, certaines pathologies cardiovasculaires, et un ensemble d'interactions médicamenteuses qui comprend notamment les antidépresseurs sérotoninergiques, les IMAO et le lithium. <br />   <br />  Un stress post-traumatique complexe, une dissociation marquée, une phase de décompensation, une consommation problématique d'alcool ou de médicaments : ce sont des situations où une expérience de ce type peut aggraver plutôt qu'apaiser. La stabilisation vient toujours avant l'exploration. C'est vrai en psychotraumatologie comme ailleurs. <br />   <br />  Le programme prévoit un questionnaire médical de sélection, et annonce écarter les candidatures qui ne relèvent pas de ce cadre. <strong>Ne considérez ce filtre ni comme une formalité, ni comme un avis médical.</strong> Parlez-en à votre médecin, et si vous êtes suivi, à votre thérapeute — même si l'idée d'aborder le sujet vous met mal à l'aise.    <h2> <br />  Ce que l'ANSSO dit, et ce qu'elle ne dit pas</h2>  Nous informons. Nous ne prescrivons pas, nous ne recommandons pas, nous n'avons aucun intérêt dans ce programme. <br />  Notre position tient en trois phrases. Le parcours de soins reconnu — médecin traitant, psychiatre, psychologue formé aux thérapies centrées sur le trauma, dispositifs de soutien de votre administration ou de votre service de santé — reste la première voie, et pour beaucoup la bonne. Il existe des personnes pour qui cette voie n'a pas suffi, et il serait malhonnête de faire comme si elles n'existaient pas. Ces personnes méritent une information complète, honnête et documentée, y compris sur ce qui se pratique hors de nos frontières, plutôt que de la chercher seules là où elle est mauvaise. <br />  Et une quatrième, parce qu'elle compte : si vous lisez ces lignes en pensant que rien ne marchera plus, ne restez pas seul avec ça. Le <strong>3114</strong>, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 heures sur 24.&nbsp;    <h2> <br />  En pratique</h2>  Le webinaire de présentation s'est tenu le 30 août. <strong>Les inscriptions à cette première session se clôturent le 6 septembre</strong>, pour un démarrage du parcours le 15 septembre et une retraite du 14 au 18 octobre. La pré-inscription passe par un questionnaire et n'engage à rien : elle ouvre un échange. <br />  Programme et modalités : <a class="link" href="https://renaissance-institute.com/leveil-des-veterans-programme/">renaissance-institute.com/leveil-des-veterans-programme</a>  <br />   <br />  <em>par David Hornus, fondateur du cabinet Ruddership Conseil, praticien du psycho-trauma</em> <br />  &nbsp;  <hr /> <br />  <em>Cet article est publié à titre informatif. Il ne constitue ni une promotion, ni une incitation à l'usage de substances classées comme stupéfiants en France, ni un avis médical. L'ANSSO n'entretient aucun lien d'intérêt avec l'organisateur du programme évoqué. Chacun demeure responsable du droit applicable dans son pays de résidence et des obligations attachées à son statut professionnel.</em>
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     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.soldatsdefrance.fr/Psilocybine-et-blessures-invisibles-ce-que-propose-L-Eveil-des-veterans_a1265.html</link>
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   <title>Santé mentale des militaires et des forces de l'ordre : sortir du silence face au SSPT</title>
   <pubDate>Tue, 25 Aug 2026 12:34:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Admin Istrateur</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.soldatsdefrance.fr/photo/art/default/97805910-68081694.jpg?v=1787656064" alt="Santé mentale des militaires et des forces de l'ordre : sortir du silence face au SSPT" title="Santé mentale des militaires et des forces de l'ordre : sortir du silence face au SSPT" />
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      <h2>Selon certaines sources, « Un vétéran se suicide chaque semaine en France ». <br />  Que recouvre réellement cette affirmation et que disent les chiffres officiels sur la santé mentale de ceux qui nous protègent. <br />   <br />   <br />  Un chiffre à vérifier avant de le reprendre</h2>  Le chiffre d'« un vétéran qui se suicide chaque semaine » n'a pas de source officielle en France. Il ressemble en réalité à une déformation d'une statistique américaine bien connue : celle des vétérans des forces armées des États-Unis, longtemps résumée par le raccourci « 22 vétérans par jour », une estimation elle-même contestée et révisée à plusieurs reprises par le Department of Veterans Affairs américain. <br />   <br />  Rien de comparable n'existe, à ce jour, comme observatoire public en France pour les anciens combattants une fois qu'ils ont quitté le service — contrairement aux États-Unis, au Canada ou au Royaume-Uni, qui publient chacun un suivi annuel dédié à la mortalité par suicide de leurs vétérans. <br />   <br />  <strong>Cette absence de suivi n'est pas une bonne nouvelle : elle signifie surtout qu'en France, personne ne sait précisément combien d'anciens militaires se suicident chaque année après avoir quitté l'uniforme.</strong>&nbsp; <br />   <br />  Et même le chiffre américain, une fois qu'on va le vérifier, est très éloigné d'« un par semaine ». <br />  Selon les données 2023 du Department of Veterans Affairs, 6 398 vétérans américains se sont suicidés cette année-là (contre 6 442 en 2022), soit environ 17 à 18 par jour et non 22 — l'estimation ayant été révisée plusieurs fois depuis sa première publication. Le taux s'établissait à 35,2 pour 100 000 vétérans (37,8 chez les hommes, 13,9 chez les femmes), avec une surmortalité de 146 % chez les vétérans sans domicile et de 94,3 % chez ceux ayant un antécédent de traumatisme crânien. Autrement dit, même dans le pays qui documente le mieux ce phénomène, on est de l'ordre de 120 suicides de vétérans par semaine — un chiffre qui n'a de sens que rapporté à une population de plusieurs millions d'anciens combattants, et qui ne se transpose ni tel quel, ni divisé approximativement, à la réalité française. <br />   <br />  En revanche, les chiffres qui existent bel et bien — sur les militaires d'active, les gendarmes et les policiers — n'ont rien de rassurant, et suffisent à eux seuls à justifier qu'on en parle sans avoir besoin d'exagérer.
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     <br style="clear:both;"/>
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      <h2>&nbsp;</h2>  <strong>Dans l'armée d'active</strong>, une étude portant sur la période 2002-2007 a recensé 428 suicides de militaires en six ans, avec une moyenne de 74 décès par an entre 2003 et 2008 et un pic à 90 en 2005, soit un taux de 21 pour 100 000 militaires (23 pour 100 000 chez les hommes). Sur cette période, le suicide représentait 21 % des décès non liés à une maladie, juste derrière les accidents de la circulation (25 %) mais très loin devant les pertes au combat (1 %) — c'est-à-dire qu'un militaire français avait, à cette époque, statistiquement plus de risques de mourir par suicide que sous le feu de l'ennemi. <br />   <br />  <strong>Chez les gendarmes</strong>, 26 suicides ont été recensés en 2024, contre 21 en 2019 : une hausse de 24 % en cinq ans. <br />   <br />  <strong>Chez les policiers</strong>, plus de 1 100 suicides ont été dénombrés au cours des vingt-cinq dernières années, soit une moyenne de 44 par an — un taux supérieur d'environ 50 % à celui de la population française. Le Baromètre santé de la Mutuelle Générale de la Police relève par ailleurs qu'un quart des policiers interrogés (24 %) déclarent avoir eux-mêmes envisagé de se suicider, ou avoir entendu un collègue exprimer cette intention, au cours des douze derniers mois. <br />   <br />  En additionnant seulement policiers et gendarmes, on approche 70 décès par an au sein des forces de l'ordre — soit, en moyenne, plus d'un suicide par semaine. C'est un chiffre réel, documenté, et qui n'a besoin d'aucune approximation pour être alarmant.
     </div>
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      <h2>Le SSPT, une blessure invisible mais documentée</h2>  Derrière ces chiffres se trouve souvent une même origine : le syndrome de stress post-traumatique (SSPT), une blessure psychique qui peut suivre l'exposition à un événement violent, dangereux ou à répétition — un attentat, une opération extérieure, une intervention traumatisante, la perte d'un camarade. <br />   <br />  Le ministère des Armées a recensé plus de 2 800 militaires reconnus blessés psychiques en lien avec leurs missions entre 2010 et 2019. Le SSPT se manifeste par des symptômes regroupés en quatre familles : des reviviscences (flashbacks, cauchemars), un évitement de tout ce qui rappelle l'événement, des altérations négatives de l'humeur et des pensées (culpabilité, perte de plaisir, idées noires), et une hypervigilance permanente (sursauts, troubles du sommeil, irritabilité). Ces symptômes apparaissent généralement dans les trois mois suivant le traumatisme, mais peuvent aussi se déclarer bien plus tard — parfois des années après le retour à la vie civile, ce qui rend le lien avec l'événement d'origine plus difficile à identifier, pour l'entourage comme pour la personne concernée. <br />   <br />  Non traité, le SSPT expose à un risque accru de dépression, d'addictions, de rupture familiale et professionnelle, et de passage à l'acte suicidaire. C'est précisément pour cela que la prévention et le repérage précoce comptent autant que la prise en charge elle-même.
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      <h2>Pourquoi le silence reste la norme</h2>  Militaires, gendarmes, policiers et agents de sécurité partagent une même culture professionnelle : celle de la maîtrise de soi, de l'endurance, du devoir de ne pas fléchir devant le groupe. Cette culture est utile sur le terrain ; elle devient un obstacle dès lors qu'elle empêche de reconnaître une souffrance psychique et d'en parler. La crainte d'être jugé fragile, d'être écarté d'une mission, ou de nuire à sa carrière, retarde encore trop souvent la démarche de soin — parfois de plusieurs années. <br />  C'est ce constat qui a poussé les institutions à structurer, ces dernières années, des dispositifs spécifiquement pensés pour ce public, plutôt que de renvoyer les militaires et les policiers vers une psychiatrie civile généraliste mal préparée à leur vécu.  <h2> <br />  Les dispositifs de prévention qui existent aujourd'hui</h2>  Plusieurs structures existent en France pour prévenir, détecter et traiter le SSPT chez les militaires et les forces de l'ordre : <br />  <strong>Dans les armées</strong>, le parcours de soins part du médecin d'unité, qui oriente si besoin vers les services de psychiatrie des hôpitaux d'instruction des armées. La Cellule d'Aide aux Blessés de l'Armée de Terre (CABAT) accompagne les militaires blessés, y compris psychiquement, dans leur parcours de reconnaissance et de réinsertion. Depuis 2021, les Maisons ATHOS — implantées à Toulon, Cambes, Auray et Aix-les-Bains — proposent une réhabilitation psychosociale par l'activité, en résidentiel, pour les militaires en souffrance post-traumatique. La ligne téléphonique Écoute Défense (0 808 800 321) offre une écoute psychologique confidentielle, accessible aux militaires et à leurs familles. <br />   <br />  <strong>Dans la police nationale</strong>, le réseau des Sentinelles s'appuie sur des agents volontaires, formés au repérage des signes de mal-être chez leurs collègues, en complément du service de soutien psychologique opérationnel de la police, qui s'est structuré et renforcé depuis les années 1990. Le Beauvau de la sécurité intérieure a par ailleurs fait des risques psychosociaux des forces de sécurité un axe de travail affiché. <br />   <br />  <strong>Pour la population générale</strong>, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est gratuit, confidentiel et accessible 24h/24, 7j/7 — y compris pour les militaires, vétérans, policiers et gendarmes. <br />  Sur le plan thérapeutique, deux approches sont recommandées au niveau international pour le traitement du SSPT : les thérapies cognitivo-comportementales centrées sur le trauma (TCC) et l'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), une technique de retraitement de l'information par mouvements oculaires. Les deux ont fait l'objet d'un nombre croissant d'études chez les populations militaires et policières exposées à des événements traumatiques.
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      <h2>Ce que chacun peut faire</h2>  La prévention du SSPT ne repose pas uniquement sur les dispositifs institutionnels. Quelques repères simples peuvent faire la différence : <br />  Reconnaître les signes chez soi — troubles du sommeil persistants, irritabilité inhabituelle, évitement de situations autrefois anodines, sentiment d'être « sur le qui-vive » en permanence — sans attendre que la situation se dégrade pour en parler à un médecin, un psychologue ou une personne de confiance. <br />   <br />  Rester attentif aux camarades, y compris après leur départ du service : un ancien militaire ou un ancien policier isolé, qui a rompu le contact avec son réseau professionnel, perd souvent avec lui le seul filet de sécurité informel qui pouvait détecter une dégradation. <br />   <br />  Ne jamais minimiser une parole inhabituelle sur la mort ou le sentiment d'être un poids pour les autres, et orienter sans délai vers le <u><strong>3114 ou vers Écoute Défense</strong></u> en cas de doute. <br />   <br />  Et, plus largement, continuer à parler de ce sujet publiquement, avec des chiffres exacts plutôt qu'approximatifs : la meilleure façon de faire reculer la stigmatisation autour de la souffrance psychique des militaires et des forces de l'ordre est de la traiter avec la même rigueur que n'importe quelle autre blessure de service. <br />  &nbsp;  <hr />  <h3>Numéros utiles</h3>    <ul>  	<li class="list"><strong>3114</strong> — Numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24 et 7j/7</li>  	<li class="list"><strong>Écoute Défense — 0 808 800 321</strong> — Soutien psychologique pour les militaires et leurs familles</li>  	<li class="list"><strong>CABAT</strong> et cellules d'aide aux blessés des armées — accompagnement des militaires blessés, y compris psychiquement</li>  </ul>    <h3>Sources</h3>    <ul>  	<li class="list">Zone Armée, <a class="link" href="https://www.zonearmee.com/le-nombre-de-suicides-chez-les-veterans-baisse-legerement-en-2023-malgre-une-hausse-du-taux/">« Le nombre de suicides chez les vétérans baisse légèrement en 2023, malgré une hausse du taux »</a>  (données Department of Veterans Affairs, États-Unis)</li>  	<li class="list">La Mutuelle Générale de la Police (MFP), <a class="link" href="https://www.mfp.fr/presse/la-gendarmerie-face-au-tabou-du-suicide/">« La gendarmerie face au tabou du suicide »</a> </li>  	<li class="list">La Mutuelle Générale de la Police (MFP), <a class="link" href="https://www.mfp.fr/presse/la-police-toujours-plus-endeuillee-par-la-hausse-du-nombre-de-suicides/">« La police toujours plus endeuillée par la hausse du nombre de suicides »</a> </li>  	<li class="list">Sénat, <a class="link" href="https://www.senat.fr/questions/base/2023/qSEQ230607254.html">Question écrite n°07254 — Augmentation des suicides au sein de la police en France</a> </li>  	<li class="list">Droit des militaires, <a class="link" href="https://www.droitdesmilitaires.fr/5658">« Le suicide est la deuxième cause de mortalité des militaires français »</a> </li>  	<li class="list">AGPM, <a class="link" href="https://www.agpm.fr/prevention/stress-post-traumatique-militaire">« Stress post-traumatique militaire »</a> </li>  	<li class="list">IPA France, <a class="link" href="https://ipafrance.org/2025/08/14/sentinelles-de-la-police-nationale-prevenir-le-suicide-au-coeur-des-services/">« Sentinelles de la Police nationale : prévenir le suicide au cœur des services »</a> </li>  	<li class="list">Ministère de l'Intérieur, <a class="link" href="https://www.interieur.gouv.fr/actualites/grands-dossiers/beauvau-de-securite/beauvau-de-securite-risques-psychosociaux-proteger">Beauvau de la sécurité — risques psychosociaux, protéger les forces de sécurité</a> </li>  	<li class="list">Cellule d'Aide aux Blessés de l'Armée de Terre (CABAT) — <a class="link" href="https://maison-des-blesses.defense.gouv.fr/annuaire-de-contacts/cellule-daide-aux-blesses-larmee-terre-cabat">Ministère des Armées, Maison Numérique des Blessés et Familles</a>  <br />  	&nbsp;</li>  </ul>  <em>Les chiffres cités proviennent de sources publiques vérifiées à la date de publication et peuvent évoluer ; nous invitons les lecteurs à consulter les publications officielles pour les données les plus récentes.</em> <br />   <br />   <br />  Article rédigé pour ANSSO — Association Nationale de Soutien à nos Soldats en Opération&nbsp;par <a class="link" href="https://www.david-hornus.fr" target="_blank">David Hornus</a>, fondateur de <a class="link" href="https://www.ruddership.com" target="_blank">Ruddership Conseil</a>  et praticien en psychotraumatologie opérationnelle. <br />  &nbsp;
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   <link>https://www.soldatsdefrance.fr/Sante-mentale-des-militaires-et-des-forces-de-l-ordre-sortir-du-silence-face-au-SSPT_a1264.html</link>
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   <title>ENTR'AIDE :  L'APPEL A L'AIDE DU COLONEL BOYER-VIDAL.</title>
   <pubDate>Fri, 24 Jul 2026 17:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Admin Istrateur</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Blessé au Mali, il demande simplement que sa femme puisse vivre auprès de lui. Le colonel Philippe Boyer Vidal, ancien officier parachutiste, a servi la France pendant vingt-huit ans. Il est revenu de l'opération Serval avec un lymphome cérébral, un stress post-traumatique et une perte importante de la vue. Aujourd'hui soigné sur la Côte basque, il vit à quatre heures de route de son épouse, professeure agrégée affectée à Bergerac. Après deux refus administratifs, un courrier ministériel resté sans réponse et un recours contentieux infructueux, il a choisi de rendre sa demande publique. Nous relayons son appel.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.soldatsdefrance.fr/photo/art/default/97458549-67873056.jpg?v=1784908512" alt="ENTR'AIDE :  L'APPEL A L'AIDE DU COLONEL BOYER-VIDAL." title="ENTR'AIDE :  L'APPEL A L'AIDE DU COLONEL BOYER-VIDAL." />
     </div>
     <div>
      <h2 class="text-text-100 mt-3 -mb-1 text-[1.125rem] font-bold" dir="auto"> <br />  Vingt-huit années de service</h2>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto">Philippe Boyer Vidal a 53 ans. Officier parachutiste, il a consacré près de trois décennies au service des armes. En 2013, il participe à l'opération Serval, l'intervention française déclenchée au Mali face à la progression des groupes armés terroristes vers Bamako. Il en revient — mais, selon ses propres mots, pas tout à fait. <br />    <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto">Le bilan médical est lourd : un lymphome cérébral, c'est-à-dire un cancer du sang localisé dans le cerveau ; un syndrome de stress post-traumatique ; une perte importante de la vue. Sa pension militaire d'invalidité est fixée à 75 %. Il est aujourd'hui suivi et soigné sur la Côte basque, où réside sa famille. <br />    <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto">Ces éléments, il les a lui-même rendus publics. Il faut mesurer ce que cela coûte à un officier supérieur, dans une culture professionnelle où l'on ne se plaint pas et où l'on règle ses affaires en interne. S'il s'y est résolu, c'est que les voies ordinaires ont été épuisées. <br />    <h2 class="text-text-100 mt-3 -mb-1 text-[1.125rem] font-bold" dir="auto"> <br />  Pourquoi nous relayons</h2>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto">Ce dossier n'oppose pas deux institutions. Il révèle un angle mort. La reconnaissance due au blessé de guerre relève du ministère des Armées ; l'affectation de son conjoint relève de l'Éducation nationale. Entre les deux, aucune passerelle automatique ne garantit qu'une famille de blessé ne sera pas séparée par une décision de gestion prise à des centaines de kilomètres de son lieu de soins. <br />    <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto">Le rapprochement de conjoint existe pourtant dans les règles du mouvement des personnels enseignants, et l'état de santé du conjoint fait partie des situations pouvant être prises en compte. Le problème n'est donc pas l'absence de dispositif : c'est que ce dispositif, appliqué au cas d'espèce, n'a pas fonctionné, deux années de suite, sans qu'aucune instance ne se saisisse de l'ensemble du dossier. <br />    <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto">C'est très exactement ce que le colonel demande : que quelqu'un le regarde en entier. <br />    <h2 class="text-text-100 mt-3 -mb-1 text-[1.125rem] font-bold" dir="auto"> <br />  Relayer l'appel</h2>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto">Le colonel Boyer Vidal ne demande pas que l'on se retourne contre quiconque. Il demande que son message parvienne à quelqu'un qui puisse agir. <br />  &nbsp; <br />    <hr class="border-border-200 border-t-0.5 my-3 mx-1.5" />  <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto"><em>Soldats de France relaie cet appel à la demande de son auteur, qui en a rendu le contenu public. Les faits médicaux et administratifs rapportés ici sont ceux qu'il a lui-même exposés.</em> <br />  
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     <br style="clear:both;"/>
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      <h2 class="text-text-100 mt-3 -mb-1 text-[1.125rem] font-bold" dir="auto"> <br />  Une famille séparée par une décision d'affectation</h2>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto">Le colonel Boyer Vidal et son épouse ont quatre enfants, dont deux adoptés par la Nation — un statut accordé par décision de justice aux enfants de militaires tués ou grièvement blessés en service, et qui dit assez la nature du prix payé par cette famille. <br />    <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto">Depuis l'été 2025, son épouse, professeure agrégée de sciences physiques, est affectée au lycée de Bergerac. La distance impose jusqu'à huit heures de trajet aller-retour et l'oblige à disposer d'un second logement sur place. Concrètement : un militaire lourdement blessé, en traitement, séparé la semaine de sa femme et de leurs enfants. <br />    <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto">La demande de prise en compte de la situation familiale a été refusée en 2025, puis de nouveau en 2026. Un courrier adressé au ministre de l'Éducation nationale est resté sans réponse. Aucune médiation professionnelle n'a permis de trouver un terrain d'entente avec le rectorat. Un recours devant le tribunal administratif n'a pas abouti en 2025 ; une nouvelle démarche est engagée pour 2026. <br />    <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto">Il faut souligner ce que cette famille ne demande pas. L'épouse du colonel ne sollicite ni disponibilité, ni congé, ni cessation d'activité. Elle veut continuer à enseigner. Elle demande à le faire à une distance compatible avec l'état de santé de son mari et avec la vie de leurs quatre enfants. <br />  
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      <h2 class="text-text-100 mt-3 -mb-1 text-[1.125rem] font-bold" dir="auto"> <br />  Ce que demande le colonel</h2>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto">L'appel publié sur LinkedIn est d'une sobriété qui frappe : « Je ne demande ni médaille, ni privilège, ni traitement de faveur », écrit-il d'entrée. Ce qu'il sollicite tient en trois points : <br />  -&nbsp;que son dossier soit réellement examiné, <br />  -&nbsp;qu'une médiation soit ouverte, <br />  -&nbsp;qu'une solution soit recherchée. <br />    <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto">Il ne conteste d'ailleurs pas la logique de l'administration, qu'il connaît. Il rappelle lui-même qu'une affectation ne peut pas toujours être modifiée au motif qu'une situation individuelle est difficile. Sa formule est ailleurs : "derrière un dossier administratif, il y a parfois une famille — et derrière cette famille, un militaire qui vit avec les conséquences de son engagement". <br />    <p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal" dir="auto">L'appel est adressé au président de la République, au Premier ministre, à la ministre des Armées et des Anciens combattants et au ministre de l'Éducation nationale. <br />  
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   <title>10/06/2026 - 1ère Classe FlorianGILLET (8ème RPIMa), 21 ans</title>
   <pubDate>Thu, 11 Jun 2026 17:32:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Admin Istrateur</dc:creator>
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   <title>Entretien avec David Hornus, auteur de "Seul Dieu la voit : Otage au coeur de la crise syrienne"</title>
   <pubDate>Mon, 08 Jun 2026 09:32:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Admin Istrateur</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Ouvrages]]></dc:subject>
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      <img src="https://www.soldatsdefrance.fr/photo/art/default/96889442-67532232.jpg?v=1780904682" alt="Entretien avec David Hornus, auteur de "Seul Dieu la voit : Otage au coeur de la crise syrienne"" title="Entretien avec David Hornus, auteur de "Seul Dieu la voit : Otage au coeur de la crise syrienne"" />
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      <strong>SDF. David Hornus, votre premier roman <em>Danger Zone</em> s'ancrait dans un univers que vous connaissez intimement — la sécurité privée, le risque opérationnel. Qu'est-ce qui vous a conduit à vous emparer de l'histoire de Kayla Mueller pour ce deuxième livre ?</strong> <br />  DH : Kayla Mueller est morte en captivité en 2015. Elle avait vingt-six ans, elle était bénévole humanitaire, et son histoire a été engloutie par le fracas médiatique de cette époque. Ce qui m'a frappé — et troublé —, c'est que personne n'a vraiment rendu compte de ce qu'elle a traversé en captivité. Pas dans toute sa complexité humaine. J'ai été impliqué dans plusieurs situations d'otages, j'en ai débriefé certains, j'ai vécu de l'intérieur ce que signifie l'angoisse, l'incertitude, le doute, l'attente insupportable d'une libération. Ce roman est une tentative de restituer cette réalité : la mécanique de gestion de crise et de négociation qui se met en place&nbsp; dans l'ombre, la solitude absolue des otages livrés à eux-même et l'engagement des des négociateurs de crise qui se mobilisent pour les sauver. <br />   <br />  <strong>SDF. </strong><strong>Le titre — <em>Seul Dieu la voit</em> — est une formule qui résonne différemment selon le prisme que l'on adopte. Que signifie-t-il pour vous ?</strong> <br />  C'est précisément pour cette ambivalence que je l'ai choisi. Pour Kayla, fervente croyante, c'était une forme de refuge — Dieu la voyait là où personne d'autre ne la voyait. Pour les opérateurs des Forces Spéciales et les négociateurs qui travaillent dans l'ombre, c'est une autre réalité : tout ce qui s'accomplit dans les coulisse de la crise, les échanges avec les familles, les tractations avec les intermédiaires, tout cela se fait dans l'anonymat, sans témoin, sans reconnaissance, parfois sans résultat. Il y a une solitude commune à la prisonnière, à ses proches, aux commandos qui agissent derrière les lignes et aux négociateurs. Ce titre, c'est l'histoire de la fourmi noire, sur la pierre noire, dans la nuit noire que seul Dieu la voit. <br />   <br />  <strong>SDF. </strong><strong>Diane Foley — mère de James Foley, lui aussi exécuté par Daech — a accepté de préfacer ce livre. Carl et Marsha Mueller, parents de Kayla, ont rédigé une postface. Comment ces liens se sont-ils construits, et qu'est-ce que leur engagement change au statut de votre roman ?</strong> <br />  Diane Foley dirige la James W. Foley Legacy Foundation, qui se bat depuis des années pour que les États-Unis réforment leur politique vis-à-vis des otages. Carl et Marsha Mueller portent l'absence de leur fille telle une brûlure qui ne&nbsp; s'estompera jamais. Ils veulent qu'elle ne soit pas oublié. Lorsque ces familles vous accordent leur confiance, ce n'est pas anodin. Elles ont eu connaissance du manuscrit. Elles ont validé le ton, le respect de la vérité et les libertés que le romancier prend avec la réalité. Ce n'est pas tout à fait un roman comme les autres — c'est aussi un playdoyer qui dit quelque chose sur ce qu'elles ont vécu.&nbsp; <br />   <br />  <strong>SDF. </strong><strong><em>Seul Dieu la voit</em> traite de faits récents, douloureux, impliquant des familles encore en vie et des événements politiquement sensibles. Comment avez-vous géré la frontière entre fiction et responsabilité ?</strong> <br />  J'ai travaillé sur des archives, des témoignages, des articles. Mais j'ai 'ai fait le choix de construire une fiction plausible plutôt qu'une reconstitution inexacte. <br />  Le roman ne prétend pas dire « voilà exactement ce qui s'est passé ». Il dit « voilà ce qui a pu être vécu ». La nuance est fondamentale. Et le fait que Diane Foley, Carl et Marsha Mueller aient accepté de signer des textes liminaires témoigne, je crois, de la confiance qu'ils accordent à cette démarche. <br />   <br />  <strong>SDF. </strong><strong><em>Seul Dieu la voit</em></strong><strong> comporte un chapitre intitulé « Les oies sauvages », qui rend hommage aux soldats français des forces spéciales engagés en Afghanistan. Les pseudos qui y apparaissent sont, dit-on, tous réels. Qui sont ces hommes ?</strong> <br />  C'est un des chapitres les plus personnels du livre. Les pseudonymes que j'y cite, je ne les ai pas inventés. Ce sont des hommes que j'ai côtoyés, en mission ou dont je me suis adjoint les compétences dans le cadre de mes activités de sécurité privée et qui m'ont confié des choses de leur vécu qu'ils n'avaient parfois pas raconté à leurs proches pour les protéger de la violence de la guerre.&nbsp; C'est aux contacts de ces hommes que je me suis d'ailleurs intéressé au Syndrome de Stress Post Traumatique. Leurs proches reconnaîtront les visages qui se cachent derrière les pseudo. Je ne pouvais pas écrire sur les otages, sur la captivité, sur ce que l'État islamique a infligé à des civils en Syrie, sans évoquer ceux qui, en parallèle, tenaient le terrain en Afghanistan au péril de leur vie. « Les oies sauvages » est un hommage discret qui est écrit pour eux et pour leur famille. <br />   <br />  <strong>SDF. </strong><strong>Un mot pour nos lecteurs — militaires, anciens combattants, professionnels de la sécurité — qui connaissent parfois par leur propre expérience ces environnements de crise. Que trouveront-ils dans ce roman que la littérature habituelle ne leur offre pas ?</strong> <br />  Ce roman essaie de retranscrire la vérité crue d'évènements violents à travers plusieurs protagonistes : l'otage seule dans une cellule qui reste debout grâce à sa Foi ; les parents qui attendent dans l'angoisse ; le négociateur qui rentre chez lui avec le poids du doute. Les lecteurs de soldatsdefrance.fr savent ce que c'est que d'opérer dans l'incertitude. Je crois qu'ils reconnaîtront quelque chose dans ces pages.  <div>&nbsp;</div>  <strong>Propos recueillis par la rédaction de soldatsdefrance.fr <br />  <a class="link" href="https://seuldieulavoit.david-hornus.fr/" target="_blank">Découvrez l'ouvrage ici&nbsp;</a>  </strong>
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   <link>https://www.soldatsdefrance.fr/Entretien-avec-David-Hornus-auteur-de-Seul-Dieu-la-voit-Otage-au-coeur-de-la-crise-syrienne_a1261.html</link>
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