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INTERVIEW : Pierre MARTINET, ancien agent de la DGSE nous apporte des précisions suite au décès accidentel de 2 agents de la DGSE/CPIS :Pierre MARTINET, ancien agent de la DGSE, auteur du livre « un agent sort de l’ombre » paru en 2005 aux éditions « Privées », a accepté de répondre à quelques questions de l’Association Nationale de Soutien à nos Soldats en Opération afin d’apporter des explications sur le rôle et les missions de ces hommes de l’ombre qui furent et qui sont toujours ses camarades.Nous rendons ici hommages aux 2 victimes du CPIS décédé le 30 mars lors d’un exercice à Perpignan. Ses missions ont été révélées au grand jour lors d’opérations du type de celle de la libération des journalistes Malbrunot et Chenault en Irak ; mais aussi dans le projet d’organisation de la libération d’Ingrid Betancourt. Le CPIS est de tous les coups « durs » et intervient dans les conditions les plus extrêmes. Les hommes qui composent cette unité (comme l’ensemble des hommes du « SA » en général) sont des « pros » qui suivent un cursus de sélection drastique que je décris dans mon livre. ANSSO : Sans trahir le secret défense, quel entraînement suit-on au CPIS ? ANSSO : est-ce un entraînement dangereux ? Oui, si les hommes du CPIS et du SA en général veulent être prêt, seule la sueur épargne le sang. Bien que des conditions maximales de sécurité soient mise en œuvre lors des entraînements, tout le monde sait que dans ce type d’unité, avec ce type d’entraînement, le Risque « zéro » n’existe pas. Les hommes du SA savent que l’accident ou l’erreur d’appréciation, voire humaine reste du domaine du possible. ANSSO : Peut-on attribuer cet « accident » à une mauvaise préparation, un mauvais recrutement, du mauvais matériel et ou équipement (explosif) défaillant ? Non sûrement pas. Les gens du CPIS sont, je le répète, des pros, triés sur le volet. Les dossiers de préparation d’entraînement sont préparés avec une extrême rigueur. Ce qui c’est passé le fait partie des risques du métier. Les hommes du CPIS et du SA font se métier en connaissance de cause, c’est un risque qu’ils assument. ANSSO : Travailler avec des explosifs réels est donc logique au CPIS ? Oui, bien évidement ….l’apprentissage du maniement d’explosifs réels fait partie de la préparation psychologique et technique. Pensez-vous que les hommes d’Al-Qaeda s’entraînent avec des pains de plastiques ou de TNT factices … ANSSO : Des que l’on parle de la DGSE, Notre génération est « abreuvée » de l’affaire » du Rainbow Warrior, peut-on dire que pour une affaire qui à mal tournée, il y a mille affaires réussies dont on ne saura jamais rien ? Le SA n’est pas un jouet, il n’intervient qu’à la demande du plus haut niveau de hiérarchie civile, ou sur proposition de la hiérarchie militaire, mais le « pouvoir » valide toujours in fine son utilisation. Devrions-nous avoir honte de défendre les intérêts supérieurs de notre pays, et remettre en cause des décisions qui viennent du plus haut sommet de l’Etat et dont les tenants et les aboutissants (même la possibilité de dommages « co-latéraux ») ont été soigneusement étudiés. La raison d’Etat à ses raisons … ANSSO : La DGSE ce n’est pas le SA et le SA ce n’est pas la DGSE, expliquez nous . La DGSE est une « direction » composée d’un tiers de militaire (officiers, sous- officiers et militaire du rang) et de deux tiers de civils. Elle se compose elle-même de plusieurs directions (DO : Direction des Opérations, DR : Direction du Renseignement, DT : Direction Technique…). Le SA se compose du CEPS (Cercottes), du CPIS (Perpignan), du CPEOM (Quelern), l’ensemble étant regroupé sous l’appellation de CIRP situé à Noissy-le-sec. Le SA fait partie de la DO. ANSSO : Nous rappelons que vous êtes l’auteur du livre « Un agent sort de l’ombre » paru aux éditions privées en 2005, ce livre vous a valu quelques ennuis, ou en êtes vous aujourd’hui. Apres quelques démêlés avec la justices qui n’ont pas eu de conséquences puisque j’ai bénéficié d’un non-lieu, je travail désormais dans le privé et exerce une activité de consultant. Je garde un souvenir impérissable de ma carrière militaire et de mon passage au SA. J’y ai conservé de solides amitiés, même si certains hauts gradés n’ont pas apprécié mon livre et m’en gardent une rancune tenace. ANSSO : Servir son pays en étant au SA, est-ce un sacerdoce qui mérite tous les sacrifices ? Les pertes humaines sont toujours un drame. L’univers du « SA » et l’action des hommes de l’ombre qui y servent ne seront jamais totalement dévoilé. C'est une véritable famille, avec une réelle solidarité, et une amitié qui s'est forgée sur le terrain en transpirant ensemble et en côtoyant la mort. C'est un univers incomparable, quelque chose d'unique, qui vaut la peine d'être vécu. Même si on y laisse sa vie. Oublier les pertes, c’est un peu les tuer une seconde fois. Je suis particulièrement sensible à la démarche de l’ANSSO pour plusieurs raisons. D’abord, parce que j’ai perdu 58 camarades à Beyrouth en 1983, et que c’est un souvenir qui ne disparaîtra jamais. Ensuite, parce que c’est une initiative « privée » qui vient de la société civile. Enfin, parce que l’ADC GIRALDO qui est tombé à Bangui en RCA en 1997 était mon beau-frère. Et aussi, parce qu’en France, il serait temps d’affirmer un patriotisme décomplexé et un soutien à l’ensemble des soldats qui servent notre pays et qui mettent leur peau en jeu pour nous, l’ensemble des français puissions tirer pleinement profit de mots tels que « Liberté » et « Démocratie ». A lire aussi l'article du Midi Libre : DGSE : Qui sont ces agents secrets qui vivent près de chez nous ? Pierre Martinet a quitté la DGSE, plus exactement le SA de la DGSE en 2002 après 20 années de service. Il a débuté sa carrière en 1982 à Carcassonne au 3éme RPIMa, puis se furent le Liban, le terrible attentat du Drakkar qui coûta la vie à 58 de nos paras ….et une série d’opérations extérieures puis « secrètes » jusqu’en 2002.
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